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Une vaccination contre l’asthme… et qui fonctionne

Une vaccination contre l’asthme… et qui fonctionne

Une vaccination contre l’asthme… et qui fonctionne 716 438 Sébastien BAGES

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires, causée par une réactivité anormale aux allergènes présent dans l’environnement. Parmi plusieurs pistes actuellement en cours d’élaboration, la vaccination semble être l’approche la plus prometteuse. Dans une publication à paraître dans la revue Human Gene Therapy, les chercheurs de l’Inserm et du CNRS (Institut du thorax, CNRS / Inserm / Université de Nantes) révèlent un vaccin novateur contre l’un des allergènes les plus fréquemment rencontrés chez les patients asthmatiques. Après qu’une solution vaccinale ait été injectée directement dans le muscle d’une souris asthmatique, les nanovecteurs médicamenteux réduisent significativement l’hypersensibilité à l’allergène et à la réponse inflammatoire associée.


L’asthme allergique est une maladie respiratoire chronique qui affecte 300 millions de personnes à travers le monde. Le nombre de personnes souffrant d’asthme a doublé au cours des dix dernières années et près de 250 000 personnes par an meurent prématurément de ce problème. Dans la plupart des cas, l’asthme est causé par une réaction anormale à des substances dans l’environnement connues sous le nom d’allergènes. D’un point de vue physiologique, cette hypersensibilité se traduit par une inflammation grave des bronches et des bronchioles chez les personnes sensibles. Ce qui tend à modifier leur capacité à respirer correctement.

Le traitement actuel consiste à administrer des corticoïdes qui traitent les symptômes et soulagent temporairement le désordre, mais sans le guérir. Une alternative de traitement contre l’asthme allergique, qui s’étend sur de longues périodes, est basée sur un protocole spécifique immunothérapeutique couramment connu sous le nom de désensibilisation. De façon répétée, des doses de plus en plus concentrées en allergènes sont administrées afin de diminuer l’hypersensibilité et de réduire les symptômes en cas d’exposition ultérieure. Cependant, l’efficacité de ce protocole est limité et varie grandement d’un patient à l’autre.

Puis les chercheurs ont eu l’idée d’une technique de vaccination en utilisant l’ADN de la substance allergène. Plutôt que d’administrer des doses répétées d’extrait d’un allergène dans le but de réduire la sensibilité, le travail s’est focalisé sur des séquences d’ADN spécifiques de l’allergène responsable de l’allergie. « Plusieurs études ont démontré le potentiel thérapeutique de cette stratégie, mais il nous restait à trouver des techniques qui étaient fiables pour les êtres humains », explique Bruno Pitard, directeur de l’équipe Biotherapy Innovations de l’Institut du thorax (au CNRS / Inserm / Université de Nantes). L’utilisation de ces techniques sur des sujets humains a montré que le traitement a été efficace alors que seulement une petite dose de l’ADN a été injectée.

Les chercheurs ont d’abord essayé de prouver l’efficacité de cette vaccination contre le Derf1 – un allergène spécifique – en utilisant un modèle animal pertinent, développé par l’équipe Bronchial and Allergic Pathologies, dirigé par Antoine Magnan. En Europe, Dermatophagoides farinae 1 (Derf1) est un allergène très commun porté par les acariens Dermatophagoides farinae. Plus de la moitié des patients présentant des allergies aux acariens produisent des anticorps spécifiques de type IgE (Derf1), qui sont caractéristiques de l’asthme.

Dans la pratique, les chercheurs ont associé un séquençage génétique utile de l’allergène Derf1 avec un nanovecteur constitué d’un polymère synthétique. Cette séquence d’ADN, transportée par une sorte de “taxi moléculaire” dans les cellules musculaires qui assurent la synthèse des protéines de l’allergène, modère la réaction allergique chez les animaux asthmatiques.

Le vaccin a été développé via des souris en bonne santé et a ensuite été optimisé dans un groupe composé de souris asthmatiques. Dans ce dernier, le vaccin déclenche la production d’anticorps spécifiques anti-Derf1 et une réponse cellulaire ciblée, de telle sorte que le système immunitaire réagit en envoyant une réponse non allergisante lorsque le corps est en contact avec l’allergène. Deux injections ont été administrées à intervalles de trois semaines. Il a été constaté que l’hypersensibilité des voies respiratoires et les niveaux de cytokines pro-inflammatoires (trouvés dans les poumons des souris asthmatiques non-vaccinées) furent considérablement réduits.

Ces nouveaux résultats valident tout le potentiel pour l’utilisation de ces nouveaux nanovecteurs dans la vaccination par ADN. Il est actuellement en cours de réglementation et de développement pré-clinique en vue de futurs chez l’homme.


Citation de EurekAlert – INSERM
Crédit illustration : Magnus Manske

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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