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Une nouvelle pièce dans le Puzzle de l’autisme

Une nouvelle pièce dans le Puzzle de l’autisme

Une nouvelle pièce dans le Puzzle de l’autisme 980 561 Sébastien BAGES

Des neuro-scientifiques trouvent que deux rares troubles liés à l’autisme sont causées par des dysfonctionnements opposés dans le cerveau.


La plupart des cas d’autisme ne sont pas causés par une mutation génétique unique. Cependant, plusieurs troubles autistiques – comme certains symptômes tels que le rare syndrome de l’X Fragile – peuvent être attribués à une mutation spécifique. Il y a plusieurs années, le neuro-scientifique du MIT, Mark Bear, a découvert que cette mutation conduit à une surproduction de protéines présentes dans les synapses du cerveau – les connexions entre les neurones qui leur permettent de communiquer les unes avec les autres.

Dans un article publié hier dans Nature, Bear et ses collègues ont maintenant montré que la sclérose tubéreuse, une autre maladie rare, caractérisée par l’autisme et le retard mental, est causée par le dysfonctionnement contraire, synthétisant trop peu de ces protéines synaptiques.

Bien que les résultats peuvent sembler contre-intuitif, ils s’intègrent dans la théorie que l’autisme peut être causé par un large éventail de pépins au niveau des synapse du cerveau, Bear explique que “Le concept général est que la fonction cérébrale appropriée se produit dans un intervalle physiologique très court qui est étroitement maintenu”. “Si vous dépassez cela dans les deux sens, vous avez une déficience qui peut se manifester par cette constellation de symptômes, qui vont très souvent de pair” (Trouble du spectre autistique, déficience intellectuelle et épilepsie).

Par ailleurs, l’étude suggère que des médicaments potentiels, au point pour traiter les origines cellulaires de l’autisme, devraient être soigneusement appariés pour le patient afin de s’assurer qu’ils font plus de bien que de mal. Les médicaments développés pour traiter le syndrome de l’X fragile ont affiché des résultats encourageants dans les tests humains et sont actuellement en essais cliniques de phase III.

 

Fabriquer des connexions

Bear, le professeur des neurosciences et membre du MIT Picower Institute for Learning and Memory, n’avait pas pour objectif d’étudier l’autisme ou le syndrome de l’X fragile, mais a fini par découvrir comment l’X fragile se développe à travers ses études via un récepteur à la surface des neurones.

Ce récepteur, appelé récepteur mGluR5, joue un rôle important dans la transmission de signaux entre deux neurones par une synapse (connu comme les neurones présynaptiques et postsynaptiques). Lorsque la cellule présynaptique libère un neurotransmetteur, le glutamate, elle se lie à mGluR5 sur le neurone postsynaptique, déclenchant la synthèse de nouvelles protéines synaptiques. Les protéines de l’X fragile (FMRP) agissent comme un frein à cette synthèse des protéines. “Le niveau approprié de la synthèse des protéines est généré par un équilibre entre la stimulation par mGluR5 et la répression par la FMRP”, dit Bear.

Lorsque la FMRP est perdu, il y a trop de synthétisation de protéines, ce qui conduit à des symptômes vu dans le syndrome de l’X fragile : des troubles d’apprentissage, un comportement autistique et des convulsions. Bears et d’autres ont depuis montré que le blocage du mGluR5 chez la souris peut inverser ces symptômes.

Après avoir fait le lien entre X fragile et mGluR5, bears et ses collègues ont commencé à se demander si une suractivité du mGluR5 pourrait aussi provoquer d’autres syndromes comme des symptômes d’autisme. Ils ont commencé leur enquête avec la sclérose tubéreuse (TSC).


Les chercheurs, comprenant les co-auteurs Benjamin Auerbach, un étudiant diplômé dans l’étude du cerveau et des sciences cognitives, et le chercheur Emily Osterweil, étaient confiants dans leur hypothèse que l’on verrait un défaut similaire synaptique dans TSC comme ils l’avaient vu dans le X fragile. En fait, quand ils ont présenté leur demande de financement pour l’étude, “nos commentateurs pensaient que nous étions trop prudents, car il leur semblait que la réponse était si évidente qu’il n’y avait pas à prendre la peine de faire l’expérience”, rappelle Bears.

Toutefois, l’équipe a trouvé l’exact opposé de ce que les examinateurs – et eux-mêmes – avaient prévu. Les deux maladies “semblent être des images en miroir l’une de l’autre”, exprime Bears. Chez les souris avec TSC, les synapses fournissent trop peu de protéines de synthèse – de sorte qu’au lieu de les améliorer lorsqu’elles sont traités avec un médicament qui inhibe mGluR5, les animaux répondent plutôt à un médicament stimulant.

 

Traitements adaptés

Les résultats montrent que tous les cas de troubles du spectre autistique ne répondent pas aux mêmes types de traitement. “Cette étude a identifié un axe fonctionnel, et il sera important de savoir où un patient se situe sur cet axe dans le but de concevoir la thérapie efficace”, décrit Bears. “Si vous avez un petit désordre de la synthèse des protéines, vous ne voulez pas inhiber le récepteur du neurotransmetteur qui stimule la synthèse des protéines, et vice versa”.

Cela ne devrait pas être surprenant, dit-il, soulignant que le développement de médicaments psychiatriques, a rencontré les mêmes difficultés, en raison des troubles comme le trouble bipolaire et la schizophrénie qui ont de telles origines variées.

Dans le cas de l’autisme, les chercheurs espèrent que l’identification des causes profondes des maladies monogéniques puissent les aider à comprendre comment traiter les autres formes d’autisme ayant des origines similaires.

“Nous avons l’énorme avantage d’avoir ciblé ce qui est réellement mauvais dans le cerveau des malades”, confie Bears. “Bien sûr que nous aimerions être capable de nous passer de ces causes rares connues de l’autisme, qui peuvent expliquer plus de 10 pour cent des cas d’autisme, comme les formes idiopathique – autisme d’origine inconnue – et essayer d’avoir un certain espoir de sélectionner la bonne thérapie pour ces personnes”.

Il n’y a actuellement aucun test de produit, pour lesquels les marqueurs génétiques d’un patient autiste en particulier, pouvant répondre aux médicaments. Même si les médicaments inhibiteurs et/ou stimulant du mGluR5 sont approuvés, les scientifiques peuvent être en mesure d’identifier les patients autistes qui répondent aux médicaments, et essayer d’identifier un biomarqueur chez ces patients ayant ainsi la possibilité d’utiliser des tests de diagnostics dans l’avenir.

“Ce sera vraiment important de déterminer le mécanisme de la façon dont une mutation donnée agit au niveau moléculaire, de sorte que le traitement puisse être adapté à chaque patient”, déclare Melissa Ramocki, un professeur adjoint de neurologie pédiatrique au Baylor College of Medicine qui n’a pas été impliquée dans cette étude. Des études comme celles-ci sont “exactement le genre de travail qui doit être fait pour comprendre les mécanismes moléculaires, car les traitements seront très diversifiés”, dit-elle.

Bears et ses collègues sont en train d’étudier d’autres maladies monogéniques, y compris le syndrome d’Angelman et le syndrome de Rett, pour voir si elles affectent également l’activité du récepteur mGluR5. Ils essaient aussi de comprendre, de façon plus détaillée, les étapes dans la voie mGluR5/synthétisation de protéines.


Crédit image : MIT @2011
Via l’article original du MIT, traduit par Sébastien B.

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

Un commentaire
  • Une nouvelle pièce dans le Puzzle de l’autisme | Civilisation 2.0 | Scoop.it 5 avril 2012 à 23h22

    […] civilisation2.org – Today, 12:22 AM […]

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