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Un réservoir de neurones neufs découvert

Un réservoir de neurones neufs découvert

Un réservoir de neurones neufs découvert 623 229 Sébastien BAGES

Une forme de régénération des cellules du cerveau a été découverte dans un nouvel emplacement du cerveau humain. La découverte suscite l’espoir que ces cellules pourraient être utilisées pour aider les gens à se rétablir après un accident vasculaire cérébral, ou pour traiter d’autres maladies du cerveau.


Pendant des années, il était difficile de savoir si oui ou non nous pouvions produire de nouvelles cellules du cerveau au cours de notre vie, vu que ce processus – la neurogenèse – n’avait été observé que chez les animaux. Au lieu de cela, il était commun de penser que les humains, avec leur grand et complexe cerveau, naissaient avec tous les neurones nécessaires.

Et pourtant, l’année dernière Jonas Frisén, de l’Institut Karolinska de Stockholm en Suède, et ses collègues ont constaté que la neurogenèse se produit bel et bien, dans l’hippocampe du cerveau humain. Ces structures sont essentielles pour la formation de la mémoire (Cell, DOI: 10.1016/j.cell.2013.05.002).

À la fin du mois dernier, nouveau coup de théâtre. Un deuxième emplacement de nouvelles cellules cérébrales a été découvert – dans des zones de la taille d’une balle de golf appelée striatum. Ces derniers semblent être impliqués dans de nombreuses fonctions, y compris dans l’apprentissage et la mémoire. Ces aspects particuliers, liés comme ils le sont aux hippocampes, conduisent Frisén à spéculer que ces nouvelles cellules cérébrales peuvent également être impliquées dans l’apprentissage. « Les nouveaux neurones peuvent transmettre une sorte de plasticité », a-t-il dit, ce qui pourrait aider les gens à apprendre et à s’adapter à de nouvelles situations.

BodyParts3D, © The Database Center for Life Science licensed under CC Attribution-Share Alike 2.1 Japan.


 

Indice radioactif

Pour révéler les nouvelles cellules du cerveau, l’équipe a exploité le fait qu’il y ait eu des niveaux variables d’un isotope radioactif de carbone – le carbone-14 – dans l’atmosphère depuis les essais nucléaires pendant la guerre froide.

En d’autres termes, cela signifie que l’année de création de plusieurs cellules dans le corps peut être trouvée en mesurant le rapport du carbone-14 au carbone-12 dans l’ADN de leur propriétaire. Une analyse de 30 cerveaux donnés [1] a révélé que de nombreuses cellules nerveuses étaient nés durant la vie des défunts.

Cette recherche de nouvelles cellules du cerveau dans les corps striés (striatum) résout un mystère de longue date. Chez les rongeurs, la neurogenèse est vu dans les hippocampes, ainsi qu’une autre zone appelée la paroi du ventricule latéral. Après leur création, les cellules contenues dans ce deuxième emplacement migrent vers la partie du cerveau qui contrôle le sens de l’odorat.

Des ersatz de neurogenèse avaient déjà été vus dans les parois du ventricule latéral du cerveau humain. Mais quand Frisén a cherché de nouvelles cellules cérébrales dans les centres contrôlant l’odorat de l’homme, il n’en a trouvé aucune. Maintenant il semblerait que nous sachions où elles finissent…

Arnold Kriegstein, de l’Université de Californie à San Francisco, est d’accord avec les derniers travaux se servant du carbone-14 comme confirmation que chez l’homme, les striatums sont leur destination. « Cela a été élégamment démontré », s’est-il enjoué.

 

Un nouvel espoir

© 2014 Elsevier Inc. All rights reserved

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Il est trop tôt pour savoir ce que ces nouvelles cellules cérébrales font dans les corps striés, mais tout fait de la neurogenèse dans le cerveau humain fournit un nouvel espoir pour le développement de traitements contre les maladies neurodégénératives.

L’équipe de Frisén a également trouvé que les cerveaux de 11 donateurs avaient eu la maladie de Huntington – une maladie dégénérative du cerveau rare – possédant moins de nouveaux neurones dans leurs striatums que dans les cerveaux des donateurs de personnes anciennement saines. Ce manque de nouveaux neurones pourrait avoir contribué aux problèmes caractéristiques de la maladie de Huntington, qui comprennent les problèmes de circulation et des déficits cognitifs.

Et nous pouvons ajouter à cela que des neurones immatures ont été repérées dans le passé à l’intérieur des striatums de personnes ayant subi un AVC. « Il est très tentant de penser qu’il serait possible de stimuler la production de plus de neurones du striatum », a souligné Frisén.

L’étude et ses conclusions ont été publiés dans la revue Cell (DOI: 10.1016/j.cell.2014.01.044)


 

Références

[1] Le don du corps à la science est commun à de nombreux pays dans le monde. La France reste à la traîne où le donneur doit se plier à de nombreuses difficultés tout comme les organismes qui réceptionnent. Plus d’informations sur la France et le don du corps à la science ici : http://www.charentelibre.fr/2013/03/21/indispensable-pour-les-etudiants-et-la-recherchedonner-son-corps-un-casse-tetele-don-du-corps-a-la-science-necessite-l-autorisation-formelle-du-donneur-celui-ci-doit-etre-majeur-et-faire-connaitre-sa-decision-par-un-acte-tes,1825768.php
* Crédit image À-la-Une : Une cellule nerveuse dans le striatum d’un cerveau touché par la maladie de Huntington. La localisation de la protéine mutante qui cause la maladie est mise en évidence en utilisant un anticorps fluorescent – © Frédéric Sadou, ISM / Science Photo Library
* Citations de New Scientist

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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