Pourquoi je déteste la technologie

Pourquoi je déteste la technologie

Pourquoi je déteste la technologie 589 378 Thierry Desesquelle

Voici un petit article « d’anthropologie pour les nuls » en guise de présentation du pourquoi je suis là ; pourquoi je rejoins l’équipe Civilisation 2.0.


Si vous pensez que le titre est à contre pied de l’image de C2.0 vous avez tout à la fois tort et raison.
J’espère que ce texte vous permettra de réfléchir en souriant ou sourire en réfléchissant et qu’il vous boostera l’énergie positive et (libre) tout en laissant flâner une trainée d’émotion.
Bonne lecture à tous et je l’espère … bonne future civilisation.

 

Homo tekhnê-logos

Depuis qu’un certain bipède a pris conscience de son pouce préhenseur et de son télencéphale hautement développé, il n’a eu de cesse d’inventer des prolongements de lui-même et des technologies qui lui permettent de révolutionner sa vie. Du « primitif » jet de bâton au « très élaboré » collisionneur de hadrons en passant par le silex biface, la charrue, la machine à vapeur (…) son parcours n’est qu’une succession d’inventions.
Faut dire qu’il ne partait pas gagnant dans la grande sélection naturelle ce petit bonhomme.
Pas de crocs, pas de griffes, même son cri n’impressionnait nullement. N’importe quel feulement d’un jeune tigre le ridiculisait à coup sûr. Ne sachant ni voler ni s’immerger au delà d’une poignée de  secondes, il ne lui restait qu’à s’essayer à la course. Mais … même dans cette activité, il était loin d’être le meilleur de sa catégorie, celle de la classe des prédateurs.

Donc, pour ne pas disparaitre, il se regroupa (car comme le dit si bien la devise nationale belge : « l’union fait la force ») et développa, au sein de son biotope, des techniques de modifications et d’assemblages de matériaux afin de combler ce que dame nature ne lui avait pas offert physiquement. Par contre, sa capacité de réflexion lui octroya la faculté d’être le seul, sur sa planète, à influer considérablement sur son environnement.

 

Homo adaptatio

Comme pour tout ce qui vit sur ce globe, l’alternative était simple : l’adaptabilité ou la mort.

Il prit son temps, réfléchit, puis décida de « jouer » avec le feu (« maîtriser » étant un bien grand mot).  Son changement de vie en fut considérable. Le temps de s’adapter à cette nouvelle donne et, à nouveau, il bouleversa son histoire. Ce sera l’agriculture et par conséquent, la sédentarisation. Sur sa lancée, il enchaînera rapidement avec l’élevage. Il se calma tant soit peu, environ 6000 ans, histoire de voir grossir sa population et considérer la gestion de tout ce petit monde. Pour ce faire, il inventa les stratifications sociales grâce à la mise en place de quelques récits, valeurs et autres symboles canalisant. L’affaire se roda, les nouveautés devinrent des traditions, les avancées des acquis et les récits des religions. Quand il estima que tout cela tournait rond, il reparti dans ses envies de changements, son besoin d’évolution. L’étape suivante fut de manufacturer la production à grande échelle. Il nomma cela « l’industrialisation ». Parallèlement, il s’essaya à différentes pratiques : la communication à longue distance, la manipulation de l’atome, le traitement automatique de l’information (qu’il appela « informatique » parce que ça va plus vite à dire) et puis, et puis, et puis, il enchaina : génétique, nanotechnologie … rien ne semble pouvoir l’arrêter. Il fonce « bille en tête » dans tous les défis et tous les domaines.

 

Homo curiosus

Depuis le commencement sa quête ultime reste la même : se simplifier la vie, éviter la pénibilité, gagner du temps sur le temps. Autrement dit, il cherche à s’offrir le luxe de pratiquer d’autres activités que l’unique labeur qui consiste à subvenir à sa survie et à sa protection. C’est pour cela qu’il a recours à la technologie. Chaque invention est un pas supplémentaire vers ce Graal quasi inaccessible mais motivant au possible, à savoir : Concevoir des machines capables de travailler pour lui, de le nourrir, de le soigner et de le protéger. Pourquoi ? Pour s’offrir le temps de se consacrer à ses trois activités de prédilection : découvrir, créer et chercher les réponses qui permettraient de satisfaire sa curiosité insatiable, son besoin permanent d’aller plus avant.

 

Homo frustratio

Hé oui ! Observez n’importe quels petits d’Hommes et vous ne pourrez que remarquer et constater à quel point ils sont tous identiques. Tous curieux de tout et toujours prêt pour la découverte, la création et la recherche. De la peinture, du dessin, de la danse, du chant, du sport, de la lecture, bouger, courir, s’arrêter net devant un papillon, observer et … poser 50 000 questions par jour. Les enfants ont constamment un «pourquoi» ou «un comment» aux coins des lèvres. Il nous en faut de l’ingéniosité pour leur museler toutes ces envies, toutes ces demandes, afin de réussir à les cantonner dans un rôle prédéfini correspondant aux besoins d’une société donnée.

De fait, notre petit d’Homme, en grandissant, devient frustré, aigri, envieux, mauvais comme une gale et se métamorphose peu à peu en virus pour les siens. Normal. Comment comprendre et accepter que l’on puisse concevoir de plus en plus de technologies pour son bien-être alors que parallèlement, et paradoxalement, on le frustre à longueur de journée en le canalisant dans un rôle qui ne l’épanouit pas ? Conséquence directe, il pense négatif, il détourne ses inventions en cataclysmes. Des bombes par ci, des maladies par là, des famines dans tel coin et de la surexploitation dans tel autre. Il est mal dans sa peau, il développe une tendance à l’autodestruction.

À partir de ce constat, nous pourrions formuler un raccourci de pensée qui consisterait à se dire : « la technologie est mauvaise pour l’Homme. D’une part elle est dangereuse et d’autre part elle le rend de plus en plus dépendant à des besoins de moins en moins accessibles. Par voie de conséquence elle le rend malheureux ».

C’est certainement vrai, à un paramètre près. Ce n’est pas la technologie qui est responsable du danger, de l’inaccessibilité au bien-être et au bonheur, mais un petit détail caché dans un recoin de notre fonctionnement de civilisation et qui tient en deux syllabes : « profit ». Derrière ce mot, presque insignifiant, se cache un ogre dévoreur, la pire des drogues à dépendance suicidaire : l’argent.
Que n’est-il possible de réaliser en son nom ? Tous les pouvoirs lui sont acquis ainsi que tous les droits et toutes les reconnaissances. Incontournable.

Seulement voilà … Notre belle planète a des ressources limitées et un équilibre à respecter.
Fort de cette constante, deux possibilités de raisonnement s’offrent à l’humanité :

  • Seule la rareté vaut très chère et permet de s’enrichir financièrement donc fonctionnons de façon à en acquérir un maximum.
  • Seule la “sauve garde” de notre patrimoine naturel nous permettra de survivre donc changeons de paradigme.


Si l’on suit le premier argument, à terme, c’est la mort assurée pour l’espèce humaine. Quelle que soit la façon dont on retourne ce concept et quelle que soit la projection de son développement, on ne peut que tendre vers de plus en plus de tueries, de moins en moins de ressources et une agonie qui nous sera fatale.

Si l’on réfléchit sur la deuxième référence énoncée, on prend rapidement conscience que nous sommes déjà très mal embarqués et qu’il nous faut changer de cap au plus tôt.

Seulement, comment mettre tout le monde d’accord sur les solutions à adopter ? Trop de différences culturelles, d’éthiques divergentes, de besoins diversifiés, d’incompréhensions, de confiance perdue. Quel discours tenir, quelle voie(x) suivre, quel langage commun définir et comment dépassionner le propos ?

 

Homo solutio

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il existe pourtant un outil mondial, une solution collective ; un langage commun à tous, une approche de travail indiscutable, une voie(x) de réflexion n’offrant aucune interprétation possible, aucun bénéfice à une catégorie particulière d’individus, aucun avantage à une croyance spécifique ; une argumentation juste, équitable, sans appel et d’une neutralité absolue. À ma connaissance, la seule solution viable.

Elle se fonde sur quatre étapes successives : répertorier, évaluer, expérimenter et constater. En suivant ce cursus on obtient, au bout du compte, LE résultat. Ce fleuron de l’opportunité porte un nom : la méthodologie scientifique. Appliquée à une technologie appropriée, c’est le relai incontournable et gagnant qui nous permettra de sortir du marasme dans lequel nous nous sommes embourbés.

Je peux imaginer que pour certains, la réaction première risque d’être quelque chose du genre : « Que l’Homme délègue à la machine ?! Non seulement c’est utopique mais de plus, rien que d’y penser c’est une vision d’horreur ».
C’est vrai, cela peut surprendre, mais prenez le temps d’y réfléchir et vous finirez par réaliser que cette réalité est déjà omniprésente et que la technologie n’est pas la porte ouverte à de la science-fiction hollywoodienne mais la solution raisonnable et sécurisante.

La preuve ?

  • Combien de vies sauvées grâce à l’imagerie médicale ? Le pilotage automatique ? La connexion satellitaire ?
  • Lorsque votre imprimante vous envoie un message du type : « vos cartouches sont vides veuillez les changer pour continuer l’impression », pensez-vous à une scène d’horreur de film d’un science-fiction ? Et pourtant vous êtes face à un message cybernétique.

Pour ce qui est de l’utopie, pour ma part, elle consiste à croire (ou à se laisser croire) que nos sociétés actuelles et leurs fonctionnements (quels qu’ils soient) puissent durer, perdurer ou se pérenniser.

 
[box type=”info” ]Alors pourquoi je déteste la technologie ?[/box]

 

  • Premièrement parce qu’actuellement l’exploitation de sa capacité est orientée, pour l’essentiel, vers la destruction massive ou à la surexploitation  aveugle du secteur dans lequel nous la faisons intervenir.
  • Deuxièmement parce qu’elle est contrôlée dans l’intérêt, quasi-unique, d’une rentabilité économique qui, de fait, crée énormément de gâchis, de pollution et de sélection à l’accès. Cela s’appelle l’obsolescence programmée.
  • Troisièmement par ce qu’elle est freinée et orientée dans son développement afin de servir en priorité quelques lobbyings (obèses) financiers.
  • Enfin, et surtout, parce que j’appartiens à cette tranche d’âge, des personnes de plus de cinquante ans, qui n’auront certainement pas le temps de participer activement à la nouvelle étape évolutive qui attend la grande nation humaine.

 
Celle qui, sans nul doute, débouchera sur une authentique et première véritable civilisation. Celle de l’après-argent, celle de l’après-manque, celle du travail choisi et épanouissant. Celle de la découverte, de la création et de la recherche sans l’entrave du profit ; celle du jour où l’Homme aura intégré que la machine est un atout majeur pour son évolution et sa liberté.
J’appartiens à cette tranche d’âge, des personnes de plus de cinquante ans, qui n’auront connu que l’emploi salarié, celui de la servitude et de la pénibilité. De ceux qui ont vécu « avec » et « pour » une idée saine et novatrice mais qui ne vivront pas « à l’intérieur » de cette concrétisation à venir. De ces gens à qui on a donné la vie pour qu’ensuite ils aillent la gagner et non pas s’y épanouir. De ceux à qui l’on veut faire croire que la liberté est contenue dans un espace ou qu’un directeur des ressources humaines qui prévoit un plan social est une personne pleine d’empathie à votre égard et qui va vous aider à redonner du sens à votre vie.

Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas d’aigreur. Je n’en veux à personne ; aucun individu ou professionnel, aucun militant ou politicien, car séparément aucun de nous ne peut-être tenu pour responsable de notre catastrophisme annoncé. Mais force est de constater que l’établissement de ces groupes et sous-groupes que nous formons et qui respectent passivement un endoctrinement dépassé qui ne répond plus à la réalité … Quelle perte de temps, d’énergie, de vie.

 

Homo futurus

Dans un monde à gestion pérenne, la technologie associée à une méthodologie scientifique ne peut que nous conduire à la prospérité, à une abondance, jusqu’ici, jamais atteinte dans l’histoire de notre planète. Et ce, pour le bien-être de la totalité du monde du vivant.

Alors éveillez-vous et commencez à construire ce devenir qui verra l’humanité sortir du bois et enfin se civiliser. Vous risquez d’être ébloui en découvrant qu’une grande plaine vous attend, et que derrière celle-ci, il existe d’autres paysages et d’autres encore et encore d’autres à suivre.

Moi, je suis devenu le représentant d’un vieil air poussif tandis que vous, vous êtes à l’aube d’une nouvelle ère revigorante.

 
Pourquoi je déteste la technologie


Je déteste la technologie car pour moi il est trop tard, je suis né trop tôt. J’appartiens désormais à un monde en voix d’extinction, celui de la transition.

N’oublie pas petit d’Homme « l’adaptabilité ou la disparition ».
Alors, tiens-toi debout Hominidé d’aujourd’hui et deviens enfin le scientifique épanoui que tu es, mais que tu as oublié d’entretenir … judicieusement.

7 commentaires
  • Excellent !! bien écrit, bien structuré mais je reste un peu sur ma faim, je ne vois pas le process !! des sortes d'”Etats Généraux de la Survie de l’homme” ?

  • Ho du bon sens, amen 🙂

  • Avatar
    giles villan 23 juin 2012 à 9h43

    Avouons-le, la quête n’est pas aisée.

    Le style incantatoire de cette correspondance fictive est tout sauf limpide, et elle fait valser les références à une allure étourdissante.

    Pourtant à la cour de Louis XIV, Racine peingnait déjà avec réalisme les hommes tels qu’ils sont et explorait sans illusion les profondeurs de l’âme humaine. Et, il écrit alors de Montaigne : “Savant dans un siècle d’ignorance, philosophe parmi des fanatiques, qui peint sous son nom nos faiblesses et nos folies”.
    Donc, depuis plus de 400 ans ‘l’homo-machin’ cherche toujours une raison de vivre.

    En quoi cet écrit apporterait une révélation ?
    Tout juste une faconde, une vague de pensée qui vient de s’échouer d’un océan d’indifférence et qui noie de timides remous d’amour et d’évanescents remugles de haine.

    Car jeter vingt-cinq siècles de civilisation avec le bain de l’Histoire pour céder à des affirmations aussi ineptes que définitives m’inclinent alors à simplifier la question :

    Pourqoui passer le plus clair de son temps à l’obscurcir ?
    🙂

  • Avatar
    serge de la boetie 3 août 2012 à 21h19

    Bon article bien que l’on y sente un peu d’aigreur. La technologie est notre avenir mais c’est également elle qui nous tuera.

  • Bonjour à tous, vient de découvrir civilisation2.org sur Yahoo , et a constaté que c’est vraiment génial. Je vais surveiller pour Bruxelles. Je vais apprécier si vous continuez à écrire sur ce sujet à l’avenir . Beaucoup de personnes vont bénéficier de votre écriture. Cheers! ce qui concerne

  • L’auteur à la 50ène et il pense que pour lui c’est fini.
    Que nenni !
    S’il avait vécu il y a un siècle je dis pas.
    Mais l’espérance de vie de nos jours a tendance à tirer vers les 90 ans !
    Pour vous rien n’est fini ! Bien au contraire !
    Bien à vous.

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