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Où sont mes clés ? Les processus et les priorités mentales révélés par les réflexions errantes

Où sont mes clés ? Les processus et les priorités mentales révélés par les réflexions errantes

Où sont mes clés ? Les processus et les priorités mentales révélés par les réflexions errantes 364 250 Sébastien BAGES

Vous avez très peu de chances de parcourir tout cet article, sans penser à autre chose. En fait, des études ont montré que nos esprits vagabondent la moitié du temps, dérivent sur des pensées étrangères à ce que nous faisons – ai-je pensé à éteindre la lumière ? Qu’est-ce que je vais faire pour le dîner ?…


Une nouvelle étude enquêtant sur les processus mentaux, a révélé qu’un esprit divaguant à un rôle dans l’exploitation de la mémoire. Ce serait une sorte d’espace de travail mental qui vous permet de jongler avec des pensées multiples simultanément.

Imaginez que vous voyez votre voisin en train d’arriver un jour chez vous, et en même temps vous fixer, pour vous-même, une date pour le déjeuner. Dans ce processus de réflexion, vous vous arrêter pour fermer le robinet qui goutte, nourrir le chat, et ajouter le lait à votre liste de course. Cette capacité qui vous permet de conserver l’information sur les tâches du déjeuner et d’autres qui n’ont pas de rapport, est appelée mémoire de travail.

La nouvelle étude, publiée dans la revue Psychological Science, une revue de l’Association for Psychological Science, indique que la capacité de la mémoire de travail d’une personne, se façonne en fonction de la tendance qu’à l’esprit à vagabonder au cours d’une de ses missions routinières.

Les chercheurs, Daniel Levinson et Richard Davidson de l’Université de Wisconsin-Madison et Jonathan Smallwood du Max Planck Institute for Human Cognitive and Brain Science, ont demandé à des volontaires d’effectuer une des deux tâches simples, soit : appuyer sur un bouton en réponse à l’apparition d’une certaine lettre sur un écran, ou tapoter à chaque expiration – et ont comparé la propension des gens pensant à autre chose.

« Nous avons volontairement utilisé des tâches qui ne requirent jamais toute leur attention », explique Smallwood, « et ensuite nous leur avons demandé comment ils se servaient de leurs ressources inutilisées ».

Tout au long des tâches, les chercheurs ont vérifié périodiquement avec les participants en leur demandant si leurs esprits étaient focalisés sur une chose ou errés. À la fin, ils ont mesuré la capacité de la mémoire de travail de chaque participant, marquée par leur faculté à se souvenir d’une série de lettres qui leurs étaient données, entrecoupées de questions basiques de mathématiques.

Dans les deux tâches, il y avait une corrélation claire : « les gens avec une plus grande capacité de mémoire de travail était ceux dont la conscience était déclarée plus vagabondage au cours de ces tâches simples, même si leur performance aux tests ne fut pas compromise », dit Levinson.


Le résultat montre la première corrélation positive entre la mémoire de travail et de l’esprit errant, et suggère que la mémoire de travail peut effectivement permettre des pensées hors-sujets.

« Ce que cette étude semble suggérer, c’est que, lorsque les circonstances de la tâche ne sont pas très difficiles, les gens qui ont des ressources supplémentaires de mémoire de travail, les déploient à penser à des choses autres que ce qu’ils font », décrit Smallwood.

Fait intéressant, lorsque les gens ont eu une tâche simple comparable, mais remplie de distractions sensorielles (comme beaucoup d’autres lettres de forme similaire), le lien entre la mémoire de travail et esprit errant a disparu.

« Prêter une complète attention, à leur expérience perceptrice, a en réalité mis les gens sur le même pied d’égalité, comme s’ils avaient passé à la trappe leur vagadonbage », explique Levinson. La capacité de la mémoire de travail a précédemment été corrélée par des mesures générales d’intelligence, comme la compréhension de lecture et le calcul du quotient intellectuel.

L’étude actuelle souligne comment il est important dans des situations quotidiennes de s’ouvrir dans son royaume de pensées intérieures – mais pas encore très bien comprises.

« Nos résultats montrent que les sortes de planification que font très souvent les gens dans la vie quotidienne – quand ils sont dans ​​le bus, quand ils vont au travail à vélo ou quand ils sont sous la douche – sont probablement prises en charge par la mémoire de travail », signale Smallwood. « Leurs cerveaux essaient d’allouer des ressources aux problèmes les plus pressants ».

En substance, la mémoire de travail peut vous aider à rester concentré, mais si votre esprit se met à vagabonder, ces ressources sont mal orientées et vous pouvez perdre de vue votre objectif. Beaucoup de gens ont eu l’expérience d’arriver à la maison avec aucun souvenir du voyage réel pour y arriver, ou de se rendre compte que tout d’un coup ils ont balayé du regard plusieurs pages dans un livre sans en comprendre aucun des mots.

« C’est presque comme si votre attention était tellement absorbée dans l’esprit errant, qu’il n’y avait plus de raison à votre lecture », convient Levinson. « Ou bien, votre esprit vagabonde peut-être suivant une indication des priorités sous-jacentes qui seraient présentes dans votre mémoire de travail, que ce soit conscient ou non », continue-t-il. « Mais cela ne signifie pas que les gens avec grande capacité de mémoire de travail sont enchaînés à posséder un esprit errant. En fin de compte, cette mémoire de travail est une ressource qui dépend de la façon dont vous l’utilisez. Si votre priorité est de conserver votre attention sur une tâche, vous utiliserez aussi la mémoire de travail pour la faire ».

Levinson étudie aujourd’hui la façon dont la formation “attentionnelle” augmente la mémoire de travail et son incidence sur les pensées errantes. Son but est de mieux comprendre le lien et la manière dont les gens peuvent les contrôler. « Le vagabondage de l’esprit n’est pas libre – il lui faut des ressources pour ça », dit-il. « Vous devez décider comment vous souhaitez utiliser vos ressources ».

Les travaux ont été soutenus par l’Institut Fetzer, les National Institutes of Health et la Fondation Roke.


Citations de Psychological Science, via l’Université du Wisconsin.

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

Un commentaire
  • Où sont mes clés ? Les processus et les priorités mentales révélés par les réflexions errantes « ebressources 5 avril 2012 à 21h30

    […] Via civilisation2.org Share this:TwitterFacebookJ'aimeJ'aime  […]

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