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Mon aventure de la création d’entreprise 2.0

Mon aventure de la création d’entreprise 2.0

Mon aventure de la création d’entreprise 2.0 186 144 Sébastien BAGES

Comme vous le savez, si vous avez lu notre historique, dès l’an dernier je pensai déjà à transformer l’essai du petit blog en un mastodonte de l’info.


[box type=”warning” ]Rappelons que les articles [Mon grain d’sel] sont des points de vue qui n’ont rien à voir avec les autres contenus de C2.0 mais le point de vue orienté de l’auteur.[/box]

Lorsque vous commencez à vouloir donner et partager aux gens mais tout en voulant quand même manger et donc en vivre, la première idée est de poser un module de donation Paypal tout bête afin de vous soutenir dans votre démarche. Sans le savoir, si vous êtes dans ce cas, la première boulette a été faite.

 

ASSOCIATION, une duperie ?

En effet, la loi française n’autorise pas les appels à donation sauf pour ceux à caractère de grandes causes nationales ou encore aux associations.

Tout heureux d’apprendre ça, je contact ma préfecture. Stupéfaction, ils ne semblaient pas connaître l’environnement internet. Je leur explique donc une partie du projet, comment tout allait se dérouler. Naturellement, ma situation de blogger me permettait de garder les donations déjà acquises tout en devant les déclarer sur ma feuille d’impôt (ce n’est pas obligatoire pour les petites sommes car assimilables à des dons manuels).

La conseillère, un peu penaude, me signale qu’elle ne sait pas quoi me répondre et m’offre un voyage gratuit sur toutes les plate-formes téléphoniques de la préfecture.

Arrivé à une personne qui m’a parut être la responsable, je lui explique une nouvelle fois la problématique.

« Voila, je m’appelle monsieur X et j’aimerai former une association de fait (sans dépôt de statuts quelconques) pour laquelle je récolterai des dons via une entreprise en ligne se chargeant de conserver la somme dans le but de restituer une partie à une association tierce et une autre à moi-même. Pourriez-vous m’indiquez la marche à suivre pour quelques déclarations que ce soit pour être dans la légalité.
– Monsieur, si vous êtes une association, quand souhaitez-vous déposer les statuts.
– Je ne souhaite pas déposer des statuts, car une association de fait, n’est pas une association de droit. Nonobstant, elle conserve les droits juridiques selon la loi associative de 1901.
– Donc si vous ne déclarez pas une association, vous ne devez pas voir avec nous.
– Vous êtes le service en charge des associations loi 1901, n’est-ce pas ?
– Oui…
– Dans ce cas-là, même si je ne suis pas une association de droit, étant une association de fait, je serai aussi couvert par la loi 1901.
– D’accord, mais si vous souhaitez recevoir des donations, il faut un cadre bien particulier. Tout d’abord, en étant particulier, vous n’avez pas le droit de faire un appel publique à donation.
– Bien, si je créé une association de droit, est-ce que cela est possible ?
– Oui, vous le pouvez seulement si c’est une cause nationale ou bien pour une cause libre qui sera quant-à-elle imposée fermement.
– Si je créé une association, pourrai-je être couvert financièrement si cela est affiché dans mes statuts ?
– Non, vous ne pourrez pas car lorsque vous êtes dans une association (sans but lucratif), vous ne pouvez recevoir d’intéressement. De ce fait, aucun salaire monétaire ne peut être reversé. »

Vous pensez bien qu’après cet échange, cela m’a refroidit pour la création d’une association. La flexibilité que l’on supposait à ces piliers communautaires de la société ne serait-elle pas une duperie ?

Pour un moment, j’ai arrêté de chercher… Sans doute que cela fut trop déprimant.

 

WEBPORTAGE, une affaire en or ?

Un soir, sirotant un bon verre d’eau du robinet, j’ai découvert quelque chose d’hallucinant.

Comme à mon habitude, je farfouillais sur la toile et puis, j’ai découvert un service : le Portage.

Refroidi par mon échec plusieurs jours auparavant, il m’arrivait certains jour de taper des mots-clés au hasard pour en savoir plus sur la donation, les échanges avec les entreprises ou les associations. Puis, sur un forum, j’ai découvert un lien vers un blog parlant d’un… truc qu’il appelé Webportage.

Quid de cette chose !! Société de portage pour les acteurs du web… Au risque de vous paraître ridiculement idiot, j’ignorai totalement ce que voulait dire portage.

Ô dieu Google, dis-moi ce que veut dire ce mot.

Mon aventure de la création d'entreprise 2.0

L’idée m’a parut séduisante et très proche de ce qu’il existe dans le monde physique pour les pépinières d’entreprises.

La définition en main, un petit clic sur le lien de l’entreprise WebPortage m’a emmené sur leur site internet. Un design sympa et des descriptions concordantes avec la définition que j’en ai lu.

Méfiant par nature, j’ai épluché le site avec toutes les conditions qui y étaient annotées. Tout m’a semblé clair et la société ne cachait pas la commission et les charges qu’elle prenait.

Pour ceux d’entre vous qui iraient voir, vous pourrez voir que leurs tarifs tout confondus (charges + commissions) paraissent très élevés. Je dirai que leur commission est normale. Les charges par contre sont assez élevées mais, si vous lisez leur doc, les avantages d’un employé d’une grande société sont présents.

En quelques clics, j’étais inscrit et quelques jours plus tard, l’accès à mon compte était ouvert.

Mais qu’est-ce qui m’a repoussé ? Idéalement, je souhaitai offrir gratuitement tous mes articles aux visiteurs grâce aux revenus des publicités. Et surtout via le module de donation qui à un objectif bien spécifique dont un des points est de reverser une partie à des associations peu connues.

Ne trouvant rien au sujet des donations et surtout de ce système-ci, j’ai contacté le service (qui est par ailleurs très efficace), et leur ai annoncé ce que je souhaitais en faire. Quelques minutes plus tard, mon interlocuteur me signala que mon projet ne serait sans doute pas possible.

Le surlendemain, je reçus un courriel qui me confirma l’impossibilité d’utiliser ce procédé dans une démarche de réelle donation.

Grâce à WebPortage, j’ai découvert que le mot donation était soumis à des règles très spécifiques en entreprise. En contactant un proche, il me confirma la chose en m’expliquant que l’on parlait plutôt de participation ou contribution à taux variable.

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Pour terminer avec la solution de Portage, je trouve que c’est une idée très intéressante pour les personnes qui débutent une entreprise et qui veulent tester l’idée ou pour démarrer une activité secondaire.


 

ENTREPRISE : La technologie, un outil oublié en France

Suivant le précepte d’Obama « Yes, We can » (oui, nous pouvons), la seconde aventure m’a redonné un peu plus de motivation.

J’ai alors décidé de me lancer dans l’aventure du créateur d’entreprise.

Pour les personnes qui ont déjà tenté l’aventure, je pense notamment aux bloggeurs professionnels, c’est un cauchemar.

Immédiatement, me mettre en indépendant était une évidence. Mais voilà, quel choix parmi tout ce qui est possible. De ma minuscule expérience, j’ai opté pour trois voies possible :

  • Micro-entreprise
  • Auto-entrepreneur
  • Profession libérale

Pour dégrossir, mon avis était une dépense zéro, ce qui a eu pour effet de supprimer la micro-entreprise et la profession libérale.

Si vous ne connaissez pas la création d’entreprise, vous direz sûrement : il n’a pas dégrossi, il a arrêté son choix, c’est tout.

Sachez que c’est ce que mon cerveau pensez à force du matraquage médiatique exposant la facilité de concevoir sa boîte en auto-entrepreneur… Mais que nenni !

Il faut savoir que quelques années auparavant, j’avais étudié ce statut pour ma femme qui souhaitait monter son entreprise. La simplicité de quelques clics sur le site, et hop c’est fini, n’en est rien.

En effet, lorsque vous déclarez votre activité, il vous faut savoir si elle sera une prestation de service ou commerciale. Dans mon cas, je n’ai pas su le définir.

Lié à ça, le fameux code APE. Certains penseront que je suis mauvaise langue car ce code est attribué automatiquement en fonction du nom de l’activité principale déclarée. Oui mais voilà, encore fallait-il connaître le nom de mon activité principale.

Ne voulant pas faire de bourde, j’ai pris la direction de la chambre de commerce à laquelle je dépendais. L’entretien fut chimérique.

« Qu’elle est votre activité principale ?
– Je fais de la rédaction d’articles sur le net.
– Dans ce cas, quel est votre mode de rétribution ?
– Grâce à la disposition de mon site, je peux me permettre de vendre certains espaces pour en tirer profit.
– D’accord… Alors vous êtes revendeur d’espace publicitaire.
– Non, mon activité principal est la rédaction d’article. Tout comme un organisme de presse peut le faire. »

Je vous passe le reste de l’heure qui a tourné autour du même échange.

Un peu énervé, j’ai passé le reste de la journée à rechercher LA dénomination correspondante à mes activités… sans rien trouver de précis.

Des jours durant, je contactai tous les organismes qui sont censés gérer, aider, financer les créateurs ou repreneurs d’entreprise sans succès. Ce ne fut que quatre jours après où j’ai pu trouver une personne qui m’a redirigé vers… le directeur de la CCI ! Suivant ce contact, je pris rendez-vous.

À croire que c’est le soir où le hasard sourit à certaines personnes, renversement de situation. En 2004, la LCEN a définit le rôle de celui qui est responsable d’un contenu (le publiant et/ou l’éditant) comme étant un : Éditeur de service de communication au public en ligne.

Fier comme un paon, je retournai quelques jours plus tard à la CCI muni de mon nom sous le bras.

Avec le directeur, nous échangeâmes surtout sur les possibilités d’évolution de la société. Puis, je me suis décidé à lui dire mon envie de créer immédiatement la société. Il m’accompagna vers la personne que j’avais eu au départ.

Grâce à lui et à la dénomination trouvé, l’atmosphère était plus légère. Toujours fut-il que la Chambre de Commerce, n’avait absolument rien dessus. Ainsi, une autre association est régulièrement consultée et j’avoue que c’est une mine d’or. Il s’agit de l’APCE.

Via cette dernière, la conseillère me proposa deux noms qui collaient avec le mien et avaient un code APE. Ainsi fut pris Édition de Presse où il était explicitement écrit qu’il s’agissait d’une activité commerciale. Dix minutes plus tard, je repartis avec un dossier complet.

 
Par une fraîche journée, le vendredi 10 février, mon dossier déposé et mon cadre juridique créé, je respira un grand bol d’air pollué et je me suis dit que l’on allait peut-être enfin pouvoir changer tout ça.


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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

Un commentaire
  • Mon aventure de la création d’entreprise 2.0 « ebressources 7 avril 2012 à 20h31

    […] Via civilisation2.org Share this:TwitterFacebookJ'aimeJ'aime  […]

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