Manger de la viande a permis l’expansion humaine

Manger de la viande a permis l’expansion humaine

Manger de la viande a permis l’expansion humaine 800 398 Sébastien BAGES

Le carnivorisme est un des succès évolutifs de l’humanité. Lorsque les premiers humains ont commencé à manger de la viande et éventuellement chasser, ils ont acquis une nouvelle alimentation de qualité supérieure signifiant que les femmes pouvaient sevrer leurs enfants plus tôt. Elles pouvaient alors donner naissance à plus d’enfants lors de leurs cycles de reproduction, ce qui serait devenu une contribution possible dans l’expansion planétaire de l’être humain.


Le lien entre la consommation de viande et le processus plus rapide du sevrage a été présenté par un groupe de chercheurs de l’Université de Lund en Suède, qui ont comparé près de 70 espèces de mammifères et trouvé des liens limpides.

Apprendre à chasser fut une étape décisive dans l’évolution humaine. La chasse nécessite de communiquer, de planifier et d’utiliser des outils, le tout a exigé un plus gros cerveau. Dans le même temps, l’ajout de la viande à l’alimentation a aussi permis de développer un cerveau de plus grande taille.

« Cela est connu depuis longtemps. Cependant, personne n’avait jamais encore pu montrer le lien étroit existant entre la consommation de viande et de la durée de l’allaitement maternel, qui est une pièce cruciale du puzzle dans ce contexte. Manger de la viande a permis d’établir des périodes d’allaitement maternel et donc, de raccourcir le temps entre les naissances. Ce qui a eu un impact crucial sur l’évolution humaine », explique Elia Psouni de l’Université de Lund.

Psychologue en développement, elle a travaillé en collaboration avec Martin Garwicz, neurophysiologiste également à Lund et le généticien Axel Janke ont publié leurs conclusions dans la revue PLoS ONE.

Parmi les sociétés avec une fécondité naturelle, la durée moyenne de l’allaitement maternel est de 2 ans et 4 mois. Ce n’est pas beaucoup par rapport à la durée de vie maximale de nos espèces, environ 120 ans. Ce chiffre est encore plus bas si on les compare à nos parents les plus proches : les chimpanzés femelles qui allaitent leurs petits pendants 4 à 5 ans, alors que la durée de vie maximale pour ces espèces est de seulement 60 ans.

De nombreux chercheurs ont tenté d’expliquer la période relativement courte d’allaitement de l’Homme. Ils se sont fondés sur des théories sociales et comportementales de la parentalité et de la taille de la famille. Mais le groupe de Lund a maintenant montré que les humains ne sont en fait pas différents des autres mammifères en ce qui concerne le moment du sevrage. Si vous faites entrer le développement du cerveau et la composition du régime dans l’équation, le moment où notre jeune arrête l’allaitement correspond exactement à la structure des autres mammifères.


C’est le type de modèle mathématique que Elia Psouni et ses collègues ont construit. Ils ont entré des données provenant de près de 70 espèces de mammifères de différents types comportant des informations sur la taille du cerveau et l’alimentation. Les espèces pour lesquelles au moins 20% de la teneur énergétique de leur alimentation provenait de la viande ont été classés comme étant des carnivores.

Le modèle montre que les jeunes de toutes les espèces cessent de téter quand leurs cerveaux ont atteint un stade de développement particulier. Les carnivores, en raison de leur régime alimentaire de haute qualité, sont sevrés plus tôt que les herbivores et les omnivores.

Le modèle montre également que les humains ne diffèrent pas des carnivores au moment du sevrage. Toutes les espèces carnivores, des petits animaux tels que les furets et les ratons laveurs, aux grands prédateurs comme les panthères, les orques et les humains, ont relativement une courte période d’allaitement. La différence entre nous et les grands singes, qui a intrigué les scientifiques lors de recherches précédentes, semble dépendre uniquement du fait, qu’en tant qu’espèce, nous sommes carnivores, alors que les gorilles, les orangs-outans et les chimpanzés sont herbivores ou omnivores.

Il y a quelques années, le groupe Lund a publié une étude qui est devenue célèbre, parlant du point à partir duquel les jeunes animaux commencent à marcher. Ici aussi, des tendances similaires ont été découvertes entre les espèces de mammifères ayant divergé au travers de millions d’années d’évolution. Une étape particulièrement importante dans le développement du cerveau semble tout simplement provenir du moment où débute la marche, indépendamment du fait que vous soyez un hérisson, un furet ou un être humain.

« L’Homme semble être si semblable aux autres animaux que ce pourrait être pris comme une provocation. Nous aimons à penser que la culture nous rend différents en tant qu’espèce. Mais quand il s’agit de l’allaitement et du sevrage, aucune explication sociale ou culturelle n’est nécessaire ; pour les espèces dans leur ensemble, c’est une question de biologie. Les facteurs sociaux et culturels ont sûrement une influence mais seulement dans la différence entre les êtres humains », explique Elia Psouni.

Elle prend soin de souligner que leurs résultats concernent l’évolution humaine. La recherche se focalise sur comment le carnivorisme peut avoir contribué à l’expansion de l’espèce humaine sur terre et n’explique pas ce que nous devrions manger ou ne pas manger aujourd’hui.


Citations de Public Library of Science & EurekAlert
Crédit image : Rob Qld

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Sébastien BAGES
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Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

Un commentaire
  • C’est article me dérange déjà, ils ne savent pas ce que veut dire carnivore. Un homme n’est pas carnivore avec 20% de viande. Qu’elles sont les 70 espèces comparées ? L’étude preuve que l’allaitement est bon, sans blague. Pour ce qui est de la viande je ne dis pas que ça n’a pas aidé les hommes quand il manquait des fruits et légume, mais aussi dans les régions froide. Mais ça ne veut pas dire que les hommes soient physiologiquement carnivores, les études montre qu’il serait frugivore. Pour terminer cet article, fait trop de supposition non prouvée, donne des corrélations douteuses car la viande cuite est apparue tard et surtout pas pour les enfants. Tout cela pour dire que cet étude m’a l’air téléguidée par quelques lobby ou labos pro-viande. Pour info je suis végétalien depuis 2 ans et je ne suis pas mort de carence viandeuse lol. J’était un grand carnivore amoureux de charbonnade, d’omelette et de fondues. Mais l’éthique, la scienc et la santé et l’écologie m’ont prouvé que la consommation d’animaux n’était pas nécessaire et même dangereuse et gaspilleuse. Merci.

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