Les usines du futur n’ont plus besoin d’employés

Les usines du futur n’ont plus besoin d’employés

Les usines du futur n’ont plus besoin d’employés 468 351 Sébastien BAGES

Des automates qui n’ont pas besoin d’humains. Tandis que d’autres machines ne nécessitent plus d’ouvriers in situ, mais peuvent être contrôlées directement par internet. Ce n’est pas tout. Cette fonction pourrait ouvrir de nouvelles perspectives communautaires…


Les usines du futur seront très différentes de celles d’aujourd’hui, car il n’y aura en fait personne en leur sein. Au lieu de cela, les travailleurs – ou plutôt dans ce cas les passionnés – pourront se connecter à des « cellules » de fabrication assistées par un robot pour faire ce qu’ils désirent dans le confort de leur propre foyer.
Vous n’aurez même pas besoin d’être employés par l’usine : les gens sur les réseaux sociaux en ligne seront en mesure d’identifier et de paramétrer une découpe au laser et de faire travailler des imprimantes 3D, sans avoir eu besoin de bouger de là où ils sont.

C’est la vision qu’en projette Goran Putnik, ingénieur à l’Université de Minho, à Guimarães au Portugal. La « cloud manufacturing » – où « cloud » signifie un ensemble de services libres (généralement de stockage et/ou de partage) sur internet, et « manufacturing » veut dire fabrication industrielle – est une notion pionnière visant à étendre le télétravail à ceux qui sont employés dans les usines. Cela finira ensuite par rejoindre le mouvement DIY (Do It Yourself ou faites-le vous-mêmes), dans lequel des gens se regroupent pour bricoler de l’électronique et en dégager quelque chose de professionnel.

Certains cols blancs ont pu faire du télétravail pendant un certain temps parce que les emplois qu’ils occupent – comme pigiste et traducteur – se fondent essentiellement sur la création et la transmission de bits numériques. Dans des rôles comme la fabrication, cependant, la révolution a été plus lente. « Certaines entreprises comme des fabricants de pièces automobiles en Corée du Sud suivent les opérations de fabrication à distance – mais d’aucun ne contrôle ces machines à distance », a décrit Putnik.

Cela pourrait bientôt changer. Avec une connexion web de plus en plus rapide, de meilleures liaisons vidéo haute qualité et les interfaces de téléprésences montrent que la fabrication à distance n’est plus tellement hors de portée. Les technologies sont déjà à l’étude, s’est saisit Lynne McGregor, régente technologue au Conseil de la stratégie technologique (TSB) canadienne du gouvernement britannique.

Par exemple, le TSB est partenaire investisseur à hauteur de 1,5 million de livres sterling dans un projet pour lequel la Ford Motor Company et Autodesk (une entreprise qui conçoit des logiciels 3D) vont travailler. L’objet de cela consiste en la façon de suivre les données récoltées par des capteurs issus/es de machines pour des interfaces utilisateurs de réalité augmentée. « Cela pourrait facilement être utilisé pour la fabrication à distance », a-t-elle ajouté.


L’équipe de Putnik a mis en place un embryon d’entreprise dans leur laboratoire contenant une machine-outil connectée à Internet. Puis, à une distance de 2350 km, en Serbie, Vesna Spasojevic-Brkic a demandé à 68 de ses étudiants en ingénierie de l’Université de Belgrade de se connecter et d’essayer de contrôler la machine à distance.

Cela a étonnamment bien fonctionné : ils ont téléchargé avec succès un programme de conception, pris le contrôle de la machine et coupé des morceaux de mousse. Ils sont même allés jusqu’à tester le bouton d’arrêt d’urgence de l’outil lorsqu’ils pensaient y avoir un danger imminent.
Les élèves ont testé de multiples interfaces utilisateurs et ont constaté que les meilleurs étaient celles qui remplissaient leur écran d’ordinateur – maximisant leur point de vue de la machine, avec des boutons de contrôle superposés à la vidéo. Ceci suggère que projeter des interfaces de contrôle à distance sur un mur pourrait donner une expérience encore plus convaincante.

Le Cloud manufacturing pourrait mettre cet outil entre les mains de fabricants professionnels, a souligné Putnik, leur permettant de vendre leurs compétences dans le monde entier.
Des groupes de personnes pourraient collaborer aussi sur les réseaux sociaux, les accords de designs et ainsi obtenir directement des produits fabriqués. Et les entreprises pourraient embaucher des opérateurs qualifiés pour la fabrication de produits sur demande. « L’idée ici est de démocratiser complètement la fabrication », a expliqué Putnik.

Depuis l’Université de Sheffield au Royaume-Uni, Iain Todd avoue aimer l’idée, mais voit ici un risque évident. « Les propriétaires de ces installations de fabrication très coûteuses devront avoir des nerfs d’acier pour permettre à des gens inconnus distant de nombreux kilomètres d’utiliser leur outil via ​​internet ».


Citations de New Scientist
Crédit image : Pas d’humain en vue – © Gonzalo Fuentes/Reuters

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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