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Le pouvoir de suggestion : nos attentes influent sur notre comportement… pour le meilleur ou le pire

Le pouvoir de suggestion : nos attentes influent sur notre comportement… pour le meilleur ou le pire

Le pouvoir de suggestion : nos attentes influent sur notre comportement… pour le meilleur ou le pire 364 250 Sébastien BAGES

Une patte de lapin. Un verre de vin. Une pilule. Qu’est-ce que toutes ces choses ont en commun ? Leurs effets – pour réussir un test, pour bien s’intégrer à une soirée, pour se sentir mieux – dépendront de la puissance de la suggestion.


Dans un nouvel article, les scientifiques psychologues Maryanne Garry et Robert Michael, de l’Université Victoria de Wellington, avec Irving Kirsch de la Harvard Medical School et de l’Université de Plymouth, se plongent dans le phénomène de la suggestion, en explorant la relation intrigante entre la suggestion, la cognition et le comportement. L’article est publié dans le numéro de Juin de Current Directions in Psychological Science, une revue de l’Association for Psychological Science.

Au cours de leur carrière de recherche, Garry et Kirsch ont tous deux étudié les effets de la suggestion sur la cognition et le comportement. Kirsch a travaillé essentiellement sur ​​la suggestion en psychologie clinique, tandis que Garry, dont la recherche est soutenue par le Fonds Marsden, de la Nouvelle-Zélande, était plutôt intéressé par les effets de la suggestion sur la mémoire humaine. Lorsque les deux se sont mis à se parler, ils ont « réalisé que les effets de la suggestion sont plus larges et souvent plus surprenants que de nombreuses autres personnes pourraient le penser », affirme Garry.

Après de nombreuses études, les recherches ont montré que la suggestion délibérée peut influencer la façon dont les gens exécutent des tâches d’apprentissage et de mémoire, les produits qu’ils préfèrent, et la façon dont leur corps répond à des médicaments, ce qui explique l’effet placebo bien connu.

Mais qu’est-ce qui peut réellement expliquer l’effet puissant et omniprésent que la suggestion a dans nos vies ? La réponse se trouve dans nos attentes de réponses, ou la manière dont nous prévoyons nos réponses dans des situations diverses. Ces attentes mettent en place des réponses automatiques qui influencent activement la voie que nous prenons pour arriver à notre objectif. Une fois que nous nous attendons à un résultat spécifique, nos pensées et les comportements ultérieurs aideront effectivement à le mettre à terme.


Donc, si une personne normalement timide s’attend à ce qu’un verre de vin – ou deux – lui permettra de se détendre lors d’un cocktail, elle se sentira probablement moins inhibée, approchera davantage de personnes, et s’impliquera dans plus de conversations au cours de cette soirée. Même si elle peut donner du crédit au vin, il est clair que ce sont ses attentes sur la façon dont elle a pensé que cette boisson la ferait se sentir bien, qui a joué un rôle majeur.

Mais ce n’est pas seulement la suggestion délibérée qui influe sur nos pensées et nos comportements – des suggestions qui ne sont pas délibérées peuvent avoir les mêmes effets. Comme le soulignent les auteurs, le simple fait d’observer les gens d’une manière ou d’une autre peut être suggestif, un phénomène appelé l’effet Hawthorne. En conséquence, les gens pourraient travailler plus durement ou se focaliser sur une tâche plus longtemps. Et ce cas est plus inquiétant, dit Garry, « parce que même si nous pourrions donner du crédit à un certain nouveau médicament ou traitement, nous ne réalisons pas que penser juste cela, nous met sous influence ».

C’est précisément pour cette raison que la question de la suggestion involontaire a des implications importantes pour les chercheurs universitaires. « Dans la communauté scientifique, nous devons être conscients – et contrôler – les suggestions que nous communiquent les sujets », explique Garry.

Les auteurs notent que certains échecs récents de reproduction des résultats des recherches antérieures peuvent finalement être expliqués par la suggestion non-intentionnelle. « Des recherches récentes suggèrent que certains des résultats les plus intrigants de la science psychologique sont peut être entraînés, au moins en partie, par la suggestion et leurs attentes », observe Garry. « Par exemple, un scientifique qui connaît l’hypothèse d’une expérience va peut-être, sans le vouloir, conduire ses sujets à produire son effet – pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’expérience en elle-même ».

Et les effets non intentionnels de la suggestion ne se limitent pas aux laboratoires – ils pénalisent de nombreux domaines du monde réel, y compris de la médecine, de l’éducation et de la justice pénale. Par exemple, des preuves convergentes sur les procédures d’identification des témoins oculaires démontrent que le taux de fausses identifications est significativement plus élevé lorsque ces témoins sont dirigés par des gens sachant qui est le suspect, par rapport à ceux qui ne le sont pas.

Bien que la recherche ait fourni des preuves claires sur le phénomène de la suggestion, il reste encore beaucoup à apprendre sur la relation sous-jacente entre la suggestion, la cognition et le comportement. Comme le soulignent les auteurs, les chercheurs ne savent toujours pas où se trouvent les frontières et les limitations de ces effets. « Et, si un “vrai” traitement et une “suggestion” conduisent à un résultat similaire, qu’est-ce qui différencie entre les deux ?», remarque Garry. La compréhension de ces questions a d’importantes implications réelles. « Si nous pouvons exploiter la puissance de la suggestion, nous pouvons améliorer la vie des gens ».


Citations de l’Association for Psychological Science

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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