Le consumérisme et ses effets antisociaux peuvent être activés ou désactivés

Le consumérisme et ses effets antisociaux peuvent être activés ou désactivés

Le consumérisme et ses effets antisociaux peuvent être activés ou désactivés 364 250 Sébastien BAGES

L’argent n’achète pas le bonheur. Le matérialisme non plus. La recherche montre que les personnes qui accordent une grande attention à la richesse, au statut et d’autres choses, sont plus déprimées, anxieuses et moins sociables, que celles qui ne le font pas.


Une nouvelle étude montre que le matérialisme n’est pas seulement un problème personnel : il y a aussi l’environnement.

« Nous avons constaté que quelle que soit la personnalité, dans des situations qui activent un état d’esprit de consommateur, les gens montrent les mêmes types de problématiques au niveau du bien-être, y compris l’aspect négatif et le désengagement social », explique la psychologue Galen V. Bodenhausen, de la Northwestern University. L’étude, menée avec ses collègues (Monika Bauer A., James Wilkie EB et Jung Kim K.), apparaît sur Psychological Science, une revue de l’Association for Psychological Science.

Dans deux des quatre expériences, les étudiants universitaires ont été mis dans un cadre matérialiste par des tâches qui les exposent à des images de produits de luxe ou des mots qui mobilisent des valeurs consuméristes (en opposition à des scènes neutres dépourvues de produits de consommation ou des mots sans connotation de ce type). Les sujets ont rempli par la suite des questionnaires. Il en a résulté que ceux qui ont regardé des photos de voitures, d’objets électroniques et des bijoux étaient les personnes qui ont eu les notes les plus élevées dans les états dépressifs et l’anxiété, furent moins intéressées à des activités sociales comme une simple fête, et voulaient faire plus d’activités solitaires que les autres.

Ceux amorcés sur le matérialisme par l’exposition à certains mots ont manifesté une plus grande compétitivité et moins de désir d’investir leur temps dans des activités prosociales telles qu’une bonne cause.

Dans deux autres expériences, les participants devaient faire une enquête et la rédiger. La première consistait à sonder des réponses à la consommation, la seconde des citoyens. « Dans la première expérience, un ordinateur déplaçait des mots avant ou après le nom du participant – ces mots étaient aussi bien porteur d’émotions positives que négatives ou neutres, avec un attrait matérialiste (richesse, pouvoir), d’auto-retenu (humble, discipliné), de transcendance de soi, ou d’auto-indulgence. Les personnes qui ont répondu au “sondage de l’enquête sur les réponses des consommateurs” se sont plus rapidement focalisés sur les mots qui reflètent des valeurs matérialistes, par rapport à ceux travaillant sur l’enquête du citoyen.

La dernière expérience présentée aux participants avait pour sujet une pénurie d’eau dans un puits hypothétique, partagé par quatre personnes, y compris eux-mêmes. Les utilisateurs imaginaires de l’eau ont été identifiés par deux catégories : consommateurs ou particuliers. Les utilisateurs du puits ont-ils pris l’identité collective de consommateurs – par opposition à l’individu – pour remplacer l’égoïsme ordinaire stimulé par cette identité de consommation ? Non : les “consommateurs” se sont notés eux-mêmes comme ayant été moins confiants les uns envers les autres (pour conserver l’eau), se sentaient moins personnellement responsables et moins en partenariat avec leurs comparses dans la gestion de la crise. Pour le statut de consommateur, les auteurs ont conclu : « ils ne s’unissent pas, ils se divisent ».

« Les résultats ont des implications à la fois sociales et personnelles », dit Bodenhausen. « Il est devenu courant d’utiliser le terme “consommateurs” comme un terme générique pour les personnes, que ce soit dans les actualités ou les débats à propos des impôts, de la politique, ou des soins de santé. Si nous utilisons ce terme pour les personnes à la place de citoyens », dit-il, « cette différence subtile active de nombreux problèmes psychologiques. Nous pouvons aussi prendre l’initiative personnelle de réduire la dépression, d’isoler les effets d’un état ​​d’esprit matérialiste en évitant son stimulant le plus évident : la publicité. Une méthode : regarder moins la télévision ».


Citations de Psychological Science

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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