Des scientifiques comptent les pingouins de l’espace

Des scientifiques comptent les pingouins de l’espace

Des scientifiques comptent les pingouins de l’espace 1024 546 Sébastien BAGES

Non, nous ne parlons pas de scientifiques fous pensant qu’il y a des pingouins dans l’espace, mais plutôt de l’utilisation de la technologie de cartographie satellite utilisée pour compter les pingouins et plus spécifiquement, les manchots empereurs en antarctique. Cette nouvelle étude révèle qu’il y a deux fois plus de ces sympathiques animaux que ce que l’on pensait. Ces résultats fournissent une référence importante pour le suivi de l’impact des changements environnementaux sur la population de cet oiseau emblématique.


L’information a été publiée cette semaine dans la revue PLoS ONE, où une équipe internationale de scientifiques décrivent comment ils ont utilisé des images satellites de très hautes résolutions (VHR) pour estimer le nombre de manchots de chaque colonie près de la côte de l’Antarctique. En utilisant une technique connue sous le nom pan-sharpening (synthétisation d’images en couleur de haute résolution) pour augmenter la résolution de l’imagerie satellitaire, les équipes scientifiques ont pu différencier les oiseaux, de la glace, des ombres et du guano. Ils ont ensuite utilisé des dénombrements au sol et la photographie aérienne pour calibrer l’analyse. Ces oiseaux se reproduisent dans les zones qui sont très difficiles à étudier parce qu’elles sont éloignées et souvent inaccessibles, avec des températures descendant jusqu’à -50°C.

L’auteur principal, et le géographe Pierre Lecerf du British Antarctic Survey (BAS), qui sont financés par le Natural Environment Research Council (NERC) au Royaume-Uni, expliquent : « Nous sommes ravis d’être en mesure de localiser et d’identifier par exemple un grand nombre de manchots empereurs. Nous avons compté 595 000 oiseaux, ce qui est près du double des estimations précédentes comprises entre 270.000 et 350.000. C’est le premier recensement complet d’une espèce depuis l’espace ».

Sur la glace, les manchots empereurs avec leur plumage noir et blanc se détachent clairement de la neige et les colonies sont bien visibles sur les images satellite. Cela a permis à l’équipe d’en analyser 44 colonies sur la côte de l’Antarctique, dont sept étaient jusque-là inconnues.

« Les méthodes que nous avons utilisées sont un énorme pas en avant en matière d’écologie pour l’Antarctique, parce que nous pouvons mener des recherches en toute sécurité et efficacement avec peu d’impact sur l’environnement, et estimer toute une population de manchots », a déclaré la co-auteure Michelle LaRue de l’Université du Minnesota qui a été financée pour l’occasion par la Fondation National de Science US. « les implications de cette étude sont grandes : nous avons maintenant un moyen rentable d’appliquer nos méthodes à d’autres espèces mal-comprises dans l’Antarctique, afin de renforcer les recherches en cours, et fournir des informations précises pour des efforts internationaux de conservation ».

Le biologiste du BAS et co-auteur de cette étude, le Dr Phil Trathan, a noté que « la recherche actuelle suggère que les colonies de manchots empereurs seront gravement affectées par le changement climatique. Une précision du recensement à l’échelle du continent qui peut être facilement répétée régulièrement, nous permettra de suivre avec plus de précision les impacts du changement à venir sur cette espèce emblématique ».

Les scientifiques craignent que, dans certaines régions de l’Antarctique, un réchauffement printanier précoce ne détruise l’habitat des manchots empereurs, ce qui rendrait leurs colonies du nord plus vulnérables à un futur changement climatique.

« Tandis que la recherche actuelle nous conduit à prévoir des baisses importantes du nombre de manchots empereurs au cours du prochain siècle, les effets du réchauffement situé autour de l’Antarctique sont de nature régionale et inégale. Dans l’avenir, nous prévoyons que les colonies les plus méridionales devraient rester à cet endroit, ce qui rend ces sites importants pour la recherche future et leur protection », poursuit le Dr Trathan.

Cette recherche résulte d’une étroite collaboration entre la British Antarctic Survey, l’Université du Minnesota, de la National Science Foundation, de la Scripps Institution of Oceanography et de la Division Antarctique Australienne.


Citations de EurekAlert

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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