Des physiciens enregistrent un record dans les transferts de données réseaux

Des physiciens enregistrent un record dans les transferts de données réseaux

Des physiciens enregistrent un record dans les transferts de données réseaux 350 262 Sébastien BAGES

Les chercheurs ont établi un nouveau record du monde dans le transfert de données, en ouvrant la voie à la prochaine génération de technologie réseau à grande vitesse. Lors de la conférence SuperComputing 2011 (SC11) à Seattle à la mi-Novembre, l’équipe internationale avait transféré des données dans des directions opposées à une vitesse combinée de 186 gigabits par seconde (Gbps) dans un circuit en réseau étendu. Ce taux est équivalent à deux millions de gigaoctets par jour, soit assez rapide pour transférer près de 100.000 disques Blu-ray complets, chacun avec un film et ses bonus – en une journée.


L’équipe de physiciens des hautes énergies, d’informaticiens et d’ingénieurs réseau était dirigée par le California Institute of Technology (Caltech), l’Université de Victoria, l’Université du Michigan, le Centre Européen de Recherche Nucléaire (CERN), l’Université Internationale de Floride ainsi que d’autres partenaires.

Selon les chercheurs, la réalisation permettra d’établir de nouvelles méthodes pour transporter d’importantes quantités de données d’un continent à un autre, à travers les océans via les réseaux mondiaux en fibres optiques. Ces nouvelles méthodes sont nécessaires pour la prochaine génération de technologie réseau – qui devrait permettre des taux de transferts de 40 à 100 Gbps – et sera construite dans les deux prochaines années.

“Notre groupe et ses partenaires montrent comment des quantités massives de données seront traitées et transportées à l’avenir”, affirme Harvey Newman, professeur de physique et chef de la physique des hautes énergies (HEP) de l’équipe. “Avoir ces outils dans nos mains, nous permet de nous engager dans des projections de réalisations que d’autres n’ont pas. On peut y voir une direction claire du futur que les personnes ne peuvent pas encore imaginer (…).”

En utilisant un circuit de 100 Gbps, mis en place par le Canada’s Advanced Research and Innovation Network (CANARIE) et BCNET – un organisme sans but lucratif – l’équipe a été capable d’atteindre des taux de transferts de 98 Gbps entre l’University of Victoria Computing Centre, en Colombie-Britannique, et le Washington State Convention Center, à Seattle. Avec un taux de transmission simultanée de données de 88 Gbps, l’équipe a atteint, dans les deux sens, un débit de données de 186 Gbps entre les deux centres, brisant le record antérieur de 2009 qui s’élevait à 119 Gbps.


En outre, les partenaires de l’Université de Floride, de l’Université de Californie à San Diego, de l’Université Vanderbilt au Brésil (Rio de Janeiro State University et l’Université d’État de São Paulo), et de deux centres coréens (Kyungpook National University et l’Institut coréen de science et technologie l’information), ont contribué à une plus grande démonstration : le transfert massif de données entre Caltech (à la conférence SC11) et d’autres endroits aux États-Unis, au Brésil et en Corée.

Le taux de transfert rapide est également crucial pour faire face aux énormes quantités de données provenant du grand collisionneur de hadrons (LHC) au CERN. L’accélérateur de particules est un outil d’espoir pour les physiciens qui espèrent y découvrir de nouvelles particules et mieux comprendre la nature de la matière, de l’espace et du temps, ainsi que la résolution de certains des plus grands mystères de l’univers. Plus de 100 pétaoctets (l’équivalent de quatre millions de disques Blu-ray) de données ont été traités, distribués et analysés en utilisant un réseau mondial de 300 équipements informatiques et de stockage situés dans des laboratoires et universités du monde entier, et le volume de données devrait augmenter de plus d’un millier de fois au vu de l’accroissement du nombre de physiciens s’intéressant aux collisions et énergies du LHC.

“L’activation des scientifiques partout dans le monde à travailler sur les données du LHC est un objectif clé, apportant les meilleurs cerveaux pour décrypter les mystères de l’univers”, explique David Foster, le vice-directeur du département IT du CERN.

“La démonstration des 100 Gbps au SC11, pousse les limites de la technologie réseau en montrant qu’il est possible de transférer des pétaoctets de données de la physique des particules, en quelques heures, n’importe où dans le monde”, ajoute Randall Sobie, chercheur à l’Institut de Physique des particules au Canada et membre de l’équipe.

La clé, disent les chercheurs, se trouve dans la réception des rares signaux pouvant provoquer de grandes découvertes dans cette physique nouvelle qui est écrasée par des flots d’interactions de particules déjà comprises. Pour ce faire, les physiciens, individuellement ou par petits groupes répartis dans le monde, doivent sans cesse accéder, extraire et transporter des téraoctets de données – sur demande à partir des pétaoctets archivés. L’équipe espère que les démonstrations faites par la HEP au SC11 ouvriront la voie vers la distribution et l’utilisation plus efficace des découvertes provenant des masses de données du LHC.

“En partageant nos méthodes et outils avec des scientifiques dans de nombreux domaines, nous espérons que la communauté de chercheurs sera bien positionnée pour permettre de faire d’autres découvertes, en tirant pleinement parti des 100 Gbps à mesure qu’ils deviendront disponibles”, dit Newman. “nous espérons particulièrement que ces développements vont permettre d’ouvrir, à des physiciens et des jeunes étudiants, la possibilité de participer directement aux futures découvertes du LHC.”

Plus d’informations sur la démonstration à l’adresse : http://supercomputing.caltech.edu.


Traduit de l’article original CalTech

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

Un commentaire
  • Des physiciens enregistrent un record dans les transferts de données réseaux « ebressources 6 avril 2012 à 0h44

    […] Via civilisation2.org Share this:TwitterFacebookJ'aimeJ'aime  […]

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