Comment vos yeux vous trompent

Comment vos yeux vous trompent

Comment vos yeux vous trompent 2592 1952 Sébastien BAGES

Les gens comptent très souvent sur leurs yeux pour la plupart des choses qu’ils font – bien que les informations fournies par notre système de détection visuelle soient souvent déformées, peu fiables et sujets à illusion.


Des chercheurs du Centre de la Vision en Australie, jettent une lumière nouvelle sur les tours joués par notre cerveau à son propriétaire. Il a du mal à donner un sens à des signaux visuels et d’autres informations sensorielles qu’il reçoit en permanence.

« Nous avons tendance à considérer ce que nous voyons comme “le monde réel” », explique la doctoresse Isabelle Mareschal, chercheuse au Centre de la vision et à l’Université de Sydney. « En fait, il est créé beaucoup de distorsions dans le traitement précoce des informations par le cerveau, avant que la conscience ne prenne le relais ».

« Nos derniers travaux montrent que les cellules du cortex visuel primaire affichent de petites distorsions, qui sont ensuite acheminées à des niveaux supérieurs du cerveau, qui les interprètent du mieux qu’ils le peuvent ».

Un exemple courant qui est souvent exploité par les artistes et les designers, est connu comme l’illusion d’inclinaison où des lignes parfaitement verticales apparaissent inclinées parce qu’elles sont placées sur un fond orienté.

Dans un nouvel article parut dans la revue Proceedings of the National Academy of Science (PNAS), la Dr Mareschal et le professeur Colin Clifford rapportent une série d’expériences novatrices dans lesquelles ils remontent jusqu’aux origines de l’illusion d’inclinaison, c’est-à-dire, dans les cellules du cortex visuel primaire, là où se situe la première étape du traitement de la vision, avant que l’esprit conscient ne prenne le relais.

« Nous avons voulu tester à quel niveau l’illusion se produit dans le cerveau, conscient ou inconscient – et aussi pour voir si le cerveau supérieur est conscient des illusions qu’il reçoit et comment il essaie de les corriger », explique-t-elle.

La réponse est que le cerveau cherche des informations plus contextuelles dans le fond pour essayer de travailler sur l’alignement de l’objet qu’il voit ».


Une équipe de bénévoles a été soumise à un test complexe dans lequel ils devaient indiquer l’orientation d’une ligne verticale, qui a été perçue comme constamment basculer d’un côté à un autre, sur un fond flou qui a été aussi en mouvement.

« Ces illusions se produisent très rapidement, peut-être en millisecondes, » explique la Dr Mareschal. « Et nous avons constaté que même le cerveau supérieur ne peut pas toujours les corriger, comme il le fait pas, il ne sait pas si ce sont des illusions ».

C’est une des raisons qui font que les yeux des gens peuvent parfois induire en erreur lorsqu’ils regardent des objets dans leur paysage.

Normalement, dit-elle, « ce n’est pas aussi important que ça – mais dans le cas d’une personne conduisant un véhicule dans une circulation rapide, un athlète effectuant des acrobaties complexes, un pilote faisant atterrir un aéronef ou d’autres utilisations de la vue lorsque l’environnement défile à grande vitesse, l’illusion peut être d’une importance vitale, amenant à mal interpréter les objets qu’elle “voit” ».

Le cerveau utilise le contexte, ou les objets d’arrière-plan, pour interpréter une foule d’autres signaux visuels, outre l’orientation des objets – par exemple, il utilise le fond pour définir la couleur, le mouvement, la texture et le contraste – de sorte que la recherche du Centre de la Vision a apporté une large contribution afin de mieux comprendre comment le cerveau interprète le monde visuel, et même la façon dont le cerveau lui-même fonctionne.

« Nous proposons que notre technique devienne un outil puissant qui pourrait être appliqué à des effets contextuels dans d’autres domaines, comme la couleur ou la profondeur », concluent les chercheurs. « Distinguer les processus visuels, par leur dépendance à l’égard d’une représentation consciente complète des stimulus, est une étape cruciale vers la formulation d’un modèle global des traitements corticaux ».

Leurs travaux intitulés “Dynamics of unconscious contextual effects in orientation processing” (les dynamiques des effets contextuels inconscients dans le processus d’orientation) par Isabelle Mareschal et Colin WG Clifford, sont apparus dans le journal PNAS.


Citations de Science Alert

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Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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