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Comment les cyber-citoyens décideront du sort des nations

Comment les cyber-citoyens décideront du sort des nations

Comment les cyber-citoyens décideront du sort des nations 600 600 Sébastien BAGES

Si quelqu’un avait prévu le tsunami politique technologique surnommé le printemps arabe, cette personne aurait été Jared Cohen, aujourd’hui à la tête du cercle de réflexion de Google, et auparavant du Département d’État américain.


En 2004, il a été témoin de foules silencieuses étranges de jeunes gens rassemblés dans le marché de la ville de Chiraz dans le sud de l’Iran. Ils s’ignoraient soigneusement en reportant leur attention sur leurs téléphones portables.

 
Cohen a vite découvert qu’ils étaient rassemblés dans une tentative de réinventer l’Internet en un endroit où son utilisation avait été sérieusement limité par le gouvernement. La foule était restreinte, utilisant les connexions Bluetooth afin de communiquer avec les étrangers d’une manière qui en d’autres lieux impliqueraient une connexion Web. Les communications étaient basiques comme la recherche d’un bassiste pour un groupe, la promotion de soirées ou la vente de biens personnels.

Lorsque Cohen a demandé aux membres de ce Web peer-to-peer humain si ils craignaient d’être pris, ils ont ri. Ils dirent que pas plus de la trentaine de personne présentes ne comprenaient ce qu’il se passait.

Cela a donné à Cohen une sorte de prémonition sur le sort des gouvernements répressifs au Moyen-Orient, a-t-il déclaré, il y a quelques jours, à la conférence Techonomy à Tucson, en Arizona. “Ces gens utilisent la technologie pour faire des choses qu’ils ne sont pas autorisés à faire”, expliqua-t-il. “Ils sont en auto-formation dans l’activisme et un jour cela les aidera à organiser quelque chose d’autre qui est illégal, qu’il n’est pas permis de faire”.

Quand il dit cela à des collègues du Département d’État, personne n’était intéressé. Il a dû être très tentant pour Cohen de dire : «Je vous l’avais bien dit», lorsqu’en 2009, les téléphones cellulaires et les protestations Internet ont facilité les élections controversées en Iran, et en 2010, plus vastement, l’activisme High-Tech a permis de réécrire la carte politique pour l’ensemble région.


Le réseau Bluetooth, tels qu’a pu le voir Cohen en 2004, a aidé à la diffusion de la fameuse vidéo que la manifestante Neda Agha-Soltan avait tourné en Iran, jusqu’à ce qu’elle atteigne quelqu’un qui était capable de la télécharger sur YouTube. Les événements de cette année en Égypte ont fonctionné par le même support technologique, ainsi qu’une énorme diffusion via Facebook et Twitter. Les initiatives visant à limiter l’utilisation de la technologie – comme lorsque l’Égypte de Moubarak a désactivé les réseaux de téléphonie cellulaire et Internet – n’ont servi qu’à accélérer le cours des choses, et d’ameuter des personnes qui étaient auparavant indifférentes, mais enragée de se voir refuser l’accès au Web.

Cohen croit que ces événements fournissent un aperçu de la façon dont la technologie va fondamentalement modifier l’équilibre des pouvoirs entre les citoyens et les gouvernements. “Les gouvernements sont habitués à avoir un nombre fixe de citoyens”, a-t-il dit, “mais maintenant les gens ont des identités multiples en ligne. Pour chaque citoyen physique, il y a un entourage virtuel qui se concentre autour de lui, et dépasse la notion même de nation”.

Les États conservent le pouvoir absolu dans le domaine physique, mais ils sont absent dans l’espace virtuel où la règle est écrite par les citoyens, dit Cohen. “Nous sommes au milieu d’une transition bruyante”, explique-t-il, “à l’avenir, nous aurons un compromis, nous allons voir l’émergence d’un contrat social mondial entre les citoyens et leur système ainsi que les États et leur système”.

L’Internet n’est pas connu pour générer des choix cohérents et des mouvements politiques permanents, ce qui peut causer des problèmes à la fois aux gouvernements et aux citoyens. Les organisations lutteront pour juger si tel mouvement en ligne est assez significatif pour mériter une réponse, qui en réaction pourrait déclencher un activisme sérieux.

Les citoyens prennent des risques en raison de l’inconvénient de cette liberté en roue libre et des protestations non-hiérarchisée tant que la technologie leur permet. “Pour les citoyens, les révolutions seront plus faciles à commencer, mais tout aussi dure à terminer”, déclare Cohen, “La technologie ne crée pas les dirigeants et les institutions démocratiques, cela signifie que vous pouvez mobiliser sans un plan”.


Via l’article TechnologyReview, traduit par Sébastien B.

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Sébastien BAGES
About the author

Sébastien BAGES

Plus de trois années de travail passionné sur Civilisation 2.0 Actus, et fondateur de l'association Civilisation 2.0, je mets à contribution mon expertise de veille technique et scientifique, mon analyse de chef de projet, mon engouement pour la science et ses outils, et mon expérience dans le développement stratégique afin d'offrir à tous ce qui en résulte.

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